Alexia Fabre, conservatrice en chef du MAC VAL et Hélène Orain, directrice générale du Palais de la Porte Dorée

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Pourquoi cette exposition inédite entre vos deux musées ?

D’abord l’envie de faire une exposition à deux voix, dans deux lieux, sur un même sujet partagé, celui de l’hospitalité. Nous avions beaucoup de choses à dire en commun sur cette question. Nos collections se complètent parfaitement et nos visiteurs sont sensibles à cette actualité autour de l’accueil des migrants.

À travers cette exposition, vos deux musées prennent position en faveur de l’accueil des migrants ?

Pour nous Musées, la question n’est pas de prendre position pour ou contre l’accueil des migrants. En revanche, nous sommes convaincus que les institutions culturelles comme les nôtres doivent se saisir des enjeux contemporains. Les flux sont là, c’est un fait. Nous ne sommes pas « hors sol » ou déconnectés de l’actualité, bien au contraire. Il n’y a pas un jour sans un nouvel article, un nouveau reportage sur ce qu’on appelle à tort ou à raison « la crise migratoire ». Et sur ce sujet précisément, les artistes ont des choses à dire. Ils nous interrogent sur l’hospitalité, le rejet, mais dévoilent aussi les mains tendues ou les motifs d’espoir.

L’exposition Persona grata, c’est un acte militant ?

Persona grata, c’est une exposition cri du cœur, celui des artistes contemporains face à l’exclusion de l’Autre. C’est une exposition pour agiter les consciences.

Quelques données sur les migrations :

En 2017, 258 millions de personnes vivaient dans un autre pays que celui où elles sont nées. Ces migrants internationaux représentent 3,4% de la population mondiale.

En Europe, la « crise migratoire » correspond à un pic de 1,8 millions d’entrées en 2015, avant une baisse drastique. Aujourd’hui, le nombre de nouveaux arrivants est revenu à son niveau d’avant 2013 : environ 100 000 nouvelles entrées chaque année (sur un continent qui compte 450 millions d’habitants), suite aux accords avec la Turquie et la mise en place de hot spots dans les pays de départ.

En 2014, 6 millions d’immigrés vivaient en France (9% de la population totale, soit la même proportion que dans de nombreux autres pays européens).

En France, le nombre de demandeurs d’asile est en augmentation régulière depuis plusieurs années. En 2017, 100 412 personnes ont demandé la protection de la France et 43 000 l’ont obtenue.

262 000 personnes ont été autorisées par un titre de séjour à s’installer sur notre territoire en 2017 mais autant l’ont quittée. De ce fait, le solde migratoire (la différence entre les entrées et les sorties) est quasi nul depuis plusieurs années en France.

Sources : Organisation internationale pour les migrations, Frontex, INSEE, Office français de protection des réfugiés et des apatrides, Ministère de l’Intérieur.