Aux deux extrémités du hall d'honneur du Palais sont disposés des salons classés. Les deux salons illustrent les principaux aspects des civilisations de l’Afrique et de l’Asie.

Le salon ovale de Paul Reynaud

Dédié aux apports intellectuels et artistiques des colonies françaises d’Afrique à la France, ce salon était le lieu de réception de Paul Reynaud, alors ministre des colonies.

La conception de la décoration du salon fut confiée à Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933) qui intégra des fauteuils dits “éléphants” aux formes amples et généreuses en maroquin brun et ébène, ainsi qu’un modèle inédit de chaises tripodes en ébène de macassar et maroquin brun. Le bureau du ministre mêle, quant à lui, l’ébène au galuchat, peau de poisson utilisée comme du cuir, avec des incrustations de filets d’ivoire au niveau du plateau. Autant de matériaux précieux et exotiques qui renforcent le prestige du lieu tout en mettant en valeur les produits rapportés des colonies.

Les bustes en bronze présentés dans les vitrines ou sur les socles furent réalisés par des artistes tels qu’Anna Quinquaud ou Gaston Broquet et témoignent de la production des artistes académiques coloniaux de l’époque.

Les fresques du salon furent réalisées par le peintre Louis Bouquet (1885-1952) et évoquent les apports de l’Afrique sub-saharienne et l’Afrique du Nord à la France. Les choix esthétiques de l’artiste se nourrissent de la vision stéréotypée en vogue dans les années 1930 qui associe l’Afrique dite “noire” au corps, à la nudité et à la danse. Le panneau principal figure l’union artistique d’une muse africaine et d’Apollon jouant de la lyre dans une nature luxuriante. En arrière plan, des murailles rouges rappellent l’ancienne capitale malienne Djenné qui avait d’autre part inspiré le pavillon de l’Afrique occidentale française de l’Exposition coloniale. Le côté “naturel” et “enfantin” des populations noires appartient à un registre de stéréotypes qui perdureront encore longtemps.

L’Afrique du Nord est, quant à elle, envisagée sous l’angle de la religion et des apports scientifiques ou artistiques de la civilisation arabo-musulmane. Sur fond d'architecture mauresque sont représentés la philosophie, les mathématiques, la médecine, l’astronomie, l’architecture, la musique et la calligraphie.

Le salon ovale du maréchal Lyautey

Ce salon était le lieu de réception du maréchal Lyautey, commissaire général de l’Exposition coloniale. Il était dédié aux apports intellectuels et artistiques des colonies d'Asie.

La fresque du salon a pour thème les arts, les religions et les apports économiques de l’Asie. Réalisée par André et Ivanna Lemaître, elle est le pendant de la fresque du salon Paul Reynaud. La plus grande partie des motifs est inspirée des littératures religieuses hindoues, bouddhiques, ou de la pensée confucéenne. Le panneau principal rassemble ainsi les trois grandes religions asiatiques : le dieu hindou Krishna  jouant de la flûte dans la forêt, une représentation de Bouddha en méditation contemplative et le maître Confucius enseignant à ses disciples. Les représentations adjacentes des Arts (danse, musique, sculpture), des éléments naturels (Terre, Feu et Eau) et de la mère des arts Koanam naissant d’une fleur de lotus, encadrent une famille paisible, placée derrière le bureau. Les différentes scènes sont traitées de manière décorative : les courbes ondulantes des corps et les couleurs pastel se détachent sur un fond ocre doré.

 

La décoration du salon, l’habillage et une partie du mobilier, est commandée à l’ébéniste Eugène Printz (1889-1948). Il fournit deux grandes portes en bois de palmier du Gabon dit “patawa”, une plinthe entourant la pièce, deux meubles à trois portes intégrés dans la fresque et un parquet en marqueterie de bois coloniaux de trois essences différentes dont l’acajou. Il crée spécialement pour ce bureau les sièges en bois laqué et en velours et construit des lampes dont la forme rappelle celle des lampadaires qui se trouvent dans le hall d’honneur du Palais.