Aïda Amara, "Avec ma tête d’Arabe"
Paris, Hors d’atteinte, 2025, 240 p., 21 €
Aïda Amara appartient à cette génération de Françaises pour qui la question ne se pose plus : si par ses parents elle est originaire d’Algérie, la France est son pays. La chose est claire, définitive. Et tant pis pour les identitaires des deux bords de la Méditerranée, bas de plafond et à la vue basse, pour qui elle serait trop « arabe » pour les uns et pas assez pour les autres. « Arabe » ! ? Vous avez dit « Arabe » ? Tiens ! tiens ! comme c’est bizarre. Comme c’est étrange : ses cheveux sans doute ? Son regard noir peut-être ? Ou alors serait-ce ce prénom qui, une fois prononcé, donne à entendre « Aïcha » ! Verdi et Bob Azzam sont dans un bateau, Verdi tombe à l’eau, que reste-t-il ? « Fais-moi du couscous chéri. » Quant aux autres, elle ne peut pas être « arabe », elle est trop « diluée », ne parle même pas la langue, pire, elle est bonne élève, fréquente la bibliothèque du quartier : « T’es pas une vraie Arabe, t’es une intello ! » Une traître ! Relire ici Le Gone du Chaâba d’Azouz Begag publié en 1986 ! Trop c’est trop, pour une jeune femme née et ayant grandi en France, de père montagnard de Kabylie et de mère citadine d’Annaba.
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