Dans la tête de

Thérèse : Intimes combats

Thérèse sera en concert au Palais le 10 novembre. Généreuse et inspirante, la chanteuse est également une styliste, militante féministe et antiraciste qui épouse les combats de sa génération.

Image
L'artiste Thérèse devant le Palais de la Porte Dorée
L'artiste Thérèse devant le Palais de la Porte Dorée
© Direction artistique et photographie : Marie Aumont et Bertrand Boissimon

Réservez votre place pour le concert de Thérèse au Palais le 10 novembre !

En plein Covid, un chihuahua sous le bras, elle dézinguait en musique les clichés dont sont victimes les Asiatiques. Avec le clip de Chinoise ? tourné à Belleville et chanté en sept langues, le grand public découvrait en 2021 l’univers bigarré de Thérèse.

Un morceau pop-électro mâtiné de hip-hop et de sonorités chinoises, un ton entre rage et humour, une esthétique léchée, autant que le look de l’artiste par ailleurs styliste. Son histoire personnelle, ses amours et ses interrogations sur le monde nourrissent les chansons de Thérèse. Être souvent interrogée sur ses origines asiatiques fait partie du prix à payer pour celle qui considère le militantisme antiraciste comme un « devoir ». Du moment qu’on ne la réduit pas à cette identité. « Je suis une sorte de carrefour social, résume Thérèse Claudia Maniseng Lin Fu Xian Sayarath. Je suis sino-lao-viet née en France et en banlieue. J’ai grandi avec la culture pop américaine, j’ai travaillé dans le luxe puis fait de la musique. J’ai côtoyé tout plein de milieux et je suis tout ça ».

Il aura fallu la découverte d’une grave maladie héréditaire suivie d’un burn-out pour révéler l’artiste qui sommeillait dans l’élève modèle. Prépa HEC, école de commerce puis poste de responsable marketing chez un grand nom du luxe : le parcours de Thérèse, fille d’épiciers de Vitry-sur-Seine était celui, exemplaire, de nombreux descendants d’immigrés asiatiques. « Et puis, je me suis demandé si le sens de ma vie c’était de continuer à enrichir l’homme le plus riche de France... » Elle quitte son entreprise, donne des cours dans un squat de migrants puis se lance dans la chanson. « Je faisais déjà des reprises dans des bars, j’ai compris que j’adorais la scène. La musique comme le sport ont ce pouvoir immense de rassembler des gens sans points communs. »

URL de Vidéo distante

D’abord membre du duo électrorock La Vague, Thérèse se lance en solo à la sortie du confinement, épaulée dans l’ombre par le musicien et producteur Adam Carpels. Après son premier EP (mini-album) Rêvalité consacré à ses identités plurielles, elle sort en mars 2023 metaREverse qui interroge notre rapport au numérique et au virtuel. Un album à découvrir en live au Palais le 10 novembre prochain, pour la nouvelle saison d’automne VIVANTS !

Sur Instagram, Thérèse partage ses engagements et ses interrogations. « Il y a en moi un gros bordel qui prend forme et sens au fil du temps » résume-t-elle, revendiquant son droit à la complexité et aux contradictions. La montée des idées racistes et homophobes lui fait peur, celle des individualismes aussi. « Au-delà des différences d’origine, le vrai combat oppose ceux qui veulent vivre ensemble aux autres. Il y a une majorité silencieuse qui devrait se mobiliser sur les sujets collectifs, dit-elle, soudain grave. Il faut réveiller ces gens pour changer le monde. »

Alors, quand elle ne chante pas, l’artiste participe à des tables rondes sur le féminisme, la sexualité, le corps des artistes (« il faut arrêter de glamouriser leurs addictions ») ou pour raconter son parcours aux collégiens. Depuis sa récente greffe du foie, elle sensibilise aussi au don d’organes.

Elle conclut : « Chaque jour, j’essaie de m’améliorer en tant que personne en acceptant mon humanité ».