Peut-on réparer ?
Mémoire, justice, héritages : en partenariat avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, cette rencontre interroge le passage de la mémoire à la réparation et les réponses possibles face aux héritages persistants de l’esclavage.
En 2001, la loi portée par Christiane Taubira, députée de Guyane, reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité en France. Mais l’Assemblée nationale rejette l’article consacré aux réparations. Vingt-cinq ans après, cette question continue d’habiter les débats autour de la mémoire de l’esclavage, et connaît aujourd’hui une actualité nouvelle en France et dans le monde.
Comment passer de la commémoration à la réparation ? Est-il possible de compenser les immenses préjudices subis par les personnes réduites en esclavage, plus d’un siècle après l’abolition définitive en France ? Des réparations financières sont-elles possibles, en faveur de leurs descendants ou en direction des États anciennement colonisés ? Comment corriger les héritages persistants de l’esclavage (inégalités outre-mer, injustices entre le Nord et le Sud, racisme anti-noirs, etc.) ?
Rencontre animée par Kévi Donat, guide-conférencier et podcasteur, fondateur du Paris Noir, avec Magali Bessone, professeure de philosophie politique et Ary Gordien, chargé de recherche au CNRS.
Magali Bessone
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Magali Bessone
Magali Bessone est professeure de philosophie politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ancienne élève de l’ENS Paris, agrégée et docteur en philosophie, elle travaille sur le libéralisme contemporain, les théories de la justice et la justice pénale internationale ainsi que sur les théories des races et du racisme.
Elle a notamment publié une traduction commentée de W. E. B. Du Bois, Les Âmes du peuple noir (réédition La Découverte, 2007), elle a co-dirigé avec M. Biziou Adam Smith, philosophe : de la morale à l’économie ou philosophie du libéralisme (PUR, 2009) et est l’auteure de Sans distinction de race ? (Vrin, 2013) et de Faire justice de l’irréparable. Esclavage colonial et responsabilités contemporaines (Vrin, 2019).
Ary Gordien
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Ary Gordien
Ary Gordien est chargé de recherche au CNRS, membre de l'unité de recherche URMIS. Ses travaux portent sur les mécanismes de racialisation et les politisations dont ils sont l'objet, aussi bien dans la Caraïbe qu'en France hexagonale.
Fin 2025 est paru son ouvrage Peuple de Guadeloupe. Dire nous après l’esclavage et la colonisation (Éditions de l’EHESS). Il y compare les définitions de la « guadeloupéanité » et les usages qui en sont faits pour analyser les ambivalences de la relation de dépendance postcoloniale vis-à-vis de la France et la pluralité des voies d'émancipation préconisées.
Le Palais s’inscrit dans le Temps des Mémoires, moment de commémoration national durant lequel institutions, collectivités et territoires se souviennent de l’esclavage colonial, célèbrent les combats pour son abolition et honorent ses victimes.
Impulsé par la Fondation pour la mémoire de l'esclavage (FME), le Temps des Mémoires est marqué cette année par le 25e anniversaire du vote de la loi dite « Taubira » du 21 mai 2001, reconnaissant l’esclavage et la traite comme crime contre l’humanité (en savoir plus sur la loi).Deux autres rendez-vous mettent à l’honneur ces mémoires : Des musiques en héritage, le 29 avril 2026, et Furcy, né libre, le 27 mai 2026.