Conférences et débats

Peut-on réparer ?

Cycle Mémoires de l’esclavage #2
Mercredi 13 mai 2026 à 19h. Complet

Mémoire, justice, héritages : en partenariat avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, cette rencontre interroge le passage de la mémoire à la réparation et les réponses possibles face aux héritages persistants de l’esclavage.

Affiche du Mercredi de la Porte Dorée sur le cycle de la mémoire et de l'esclavage.

En 2001, la loi portée par Christiane Taubira, députée de Guyane, reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité en France. Mais l’Assemblée nationale rejette l’article consacré aux réparations. Vingt-cinq ans après, cette question continue d’habiter les débats autour de la mémoire de l’esclavage, et connaît aujourd’hui une actualité nouvelle en France et dans le monde.

Comment passer de la commémoration à la réparation ? Est-il possible de compenser les immenses préjudices subis par les personnes réduites en esclavage, plus d’un siècle après l’abolition définitive en France ? Des réparations financières sont-elles possibles, en faveur de leurs descendants ou en direction des États anciennement colonisés ? Comment corriger les héritages persistants de l’esclavage (inégalités outre-mer, injustices entre le Nord et le Sud, racisme anti-noirs, etc.) ?

Rencontre animée par Kévi Donat, guide-conférencier et podcasteur, fondateur du Paris Noir, avec Magali Bessone, professeure de philosophie politique, Ary Gordien, chargé de recherche au CNRS et Fabiana ex-Souza, artiste.

Magali Bessone

Magali Bessone

Legende

Magali Bessone

Magali Bessone est professeure de philosophie politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ancienne élève de l’ENS Paris, agrégée et docteure en philosophie, elle travaille sur les théories contemporaines de la justice et les réparations ainsi que sur les théories critiques de la race et des racismes. 

Elle a notamment publié une traduction commentée de W. E. B. Du Bois, Les Âmes du peuple noir (réédition La Découverte, 2007), elle est l’auteure de Sans distinction de race ? (Vrin, 2013) et de Faire justice de l’irréparable. Esclavage colonial et responsabilités contemporaines (Vrin, 2019). Elle a co-écrit avec Matthieu Renault W.E.B. Du Bois, Double conscience et condition raciale (Amsterdam, 2021) et co-dirigé avec Myriam Cottias un Lexique des réparations de l'esclavage (Karthala-CIRESC, 2021).

Ary Gordien

Ary Gordien

Legende

Ary Gordien

Ary Gordien est chargé de recherche au CNRS, membre de l'unité de recherche URMIS. Ses travaux portent sur les mécanismes de racialisation et les politisations dont ils sont l'objet, aussi bien dans la Caraïbe qu'en France hexagonale.

Fin 2025 est paru son ouvrage Peuple de Guadeloupe. Dire nous après l’esclavage et la colonisation (Éditions de l’EHESS). Il y compare les définitions de la « guadeloupéanité » et les usages qui en sont faits pour analyser les ambivalences de la relation de dépendance postcoloniale vis-à-vis de la France et la pluralité des voies d'émancipation préconisées.

Fabiana Ex-Souza

Fabiana Ex-Souza

Legende

Fabiana Ex-Souza

Credit

© Marcelo Ruduit

Fabiana Ex-Souza est une artiste afro-brésilienne qui vit et travaille à Paris. Docteure en arts plastiques et photographie de l'Université Paris 8, elle développe une pratique pluridisciplinaire à la croisée de la sculpture, du textile, de la vidéo, de la performance, de l’installation et de la photographie, souvent à partir de matériaux végétaux. Son travail interroge les mémoires inscrites dans les plantes et leurs puissances latentes, à travers des procédés de conservation naturelle qui transforment ses œuvres en archives vivantes. 

Par l’adoption du nom « Ex-Souza », elle engage un geste de réinvention qui traverse les notions d’héritage, de transformation et les traces des histoires coloniales à travers l’Atlantique. Elle soulève des questions sur la réactualisation des archives, les réparations historiques, l’écologie du soin. Elle a notamment présenté son travail au Centre Pompidou, à la Fondation Cartier et à la Biennale de Dakar. Lauréate de plusieurs distinctions, dont le prix AWARE / CNAP, son travail est aujourd’hui présent dans des collections publiques telles que le FRAC Nouvelle-Aquitaine et le CNAP.

Le Palais s’inscrit dans le Temps des Mémoires, moment de commémoration national durant lequel institutions, collectivités et territoires se souviennent de l’esclavage colonial, célèbrent les combats pour son abolition et honorent ses victimes.
Impulsé par la Fondation pour la mémoire de l'esclavage (FME), le Temps des Mémoires est marqué cette année par le 25e anniversaire du vote de la loi dite « Taubira » du 21 mai 2001, reconnaissant l’esclavage et la traite comme crime contre l’humanité (en savoir plus sur la loi).

Deux autres rendez-vous mettent à l’honneur ces mémoires : Des musiques en héritage, le 29 avril 2026, et Furcy, né libre, le 27 mai 2026.

Partners

En partenariat avec