7367 résultats
Revue Mondes & Migrations Champs libres : kiosque

Les mots pour le dire…

Une fois de plus, la France s’est offert le luxe d’une crise de nerfs autour d’une énième loi sur l’immigration. Une fois de plus ou une fois de trop ? Car davantage encore qu’à un nouveau durcissement législatif en matière d’entrées et de sorties des étrangers auquel le pays est habitué depuis 1980 et les quelque 30 lois votées, nous assistons peut-être à un changement de nature, à l’émergence de nouveaux paradigmes, à la fabrique d’un bouc émissaire, à un jeu dangereux avec des valeurs républicaines et plus encore françaises. Ici, le microcosme politico-médiatique s’invective quand les Ukrainiens résistent, peut-être, au nom de la démocratie, quand, au Proche-Orient, la haine est déversée pour plusieurs décennies, et qu’à Dubaï, la COP 28 sur le climat ne convainc pas tous les observateurs. L’avenir est indécis, mais de cette incertitude naît une certitude : de nouvelles migrations internationales sont à prévoir. Qu’importe ! L’irréductible Gaulois, réfractaire et querelleur, se divise et se chamaille, certains craignant pour leur intégrité parce que quelques métèques s’aventurent sur ses côtes et ses frontières. Le bateau coule ? Enfermons-nous dans la cabine ! Hier le pays de Voltaire, de Diderot et d’Hugo pouvait inspirer le monde, aujourd’hui les débats autour de la loi sur l’immigration en font la risée de la presse internationale. Ainsi, dans l’émission Les informés (Franceinfo, 16 décembre 2023), le journaliste italien Alberto Toscano notait que « le gouvernement ne s’y est peut-être pas très bien pris, […] quand l’arithmétique dit qu’un gouvernement n’a pas de majorité absolue, il faut bien trouver une solution et la solution ne peut pas être seulement le 49.3 à répétition et une loi qui ne peut être débattue ». Vaiju Naravane, journaliste indienne, insiste : l’usage répété de l’article 49.3 est « une aberration dans une démocratie ». L’espagnol Juan José Dorado déclare : « J ’ai vraiment mal quand j’entends des ministres nous dire que le Parlement n’a pas eu la possibilité de débattre sur l’immigration, quand effectivement ils l’ont empêché à 21 reprises [l’usage du 49.3]. Mais ce qui me fait le plus mal par rapport à la France, c’est justement qu’on fait de l’immigration un sujet majeur alors que, quand vous regardez les chiffres de l’OCDE, la part des immigrés dans la population française est sous la moyenne des pays OCDE […]. On fait de l’immigration le mal absolu en France, ce qui n’est pas du tout le cas et c’est pour ça que ce qui a été proposé par la droite au Sénat me paraît dangereux. » Enfin, Brigitte Adès, chef du bureau britannique de la revue Politique internationale , se dit « très surprise car il n’y a pas tant d’étrangers en France que ça, 7,8 %, aujourd’hui, en 1946 il y en avait 6,5 % [en fait 4,4 % en 1946, mais effectivement 6,6 % en 1931 selon l’Insee]. Il ne faut pas exagérer. Je crois que ce n’est pas ça le problème. Les Français ne sont pas obsédés par ce problème, ils ont des problèmes de fin de mois et ça c’est vraiment fondamental. Il y a une polarisation politique et une volonté d’instrumentalisation de cette loi qui sera complètement inefficace et qui va décevoir les Français. Elle ne sert à rien parce que le problème n’est pas de pouvoir renvoyer les gens qui sont illégaux chez eux [mais] les pays qui ne veulent pas les accepter ». [...]

Revue Mondes & Migrations Champs libres : engagement

Les usages du droit dans la cause immigrée

Le nouveau dossier proposé dans le cadre du projet de recherche Causimmi concerne les usages du droit, à l'heure où le Gisti fête ses 50 ans. Prenant son essor dans les années 1970, ce répertoire des luttes est central dans la cause immigrée parce qu’il touche à la défense des droits des étranger·ères présent·es sur le territoire depuis plusieurs années ou bloqué·es à la frontière. La défense peut se faire au titre de la demande de séjour, de la demande d’asile ou encore de la défense des droits humains. Si les professionnel·les du droit investissent les associations, ces dernières comptent également sur des militant·es qui développent une expertise juridique par la pratique.

Revue Mondes & Migrations Champs libres : initiatives

Comme une trêve au cœur des JO

Avec son installation de photographies et de textiles, La trêve , présentée à la basilique Saint-Denis du 5 avril au 8 septembre 2024, la réalisatrice et photographe Sophie Comtet Kouyaté propose une immersion dans l’univers onirique des Jeux olympiques antiques. Dans ce nouvel opus de son travail photographique participatif mené avec les populations de Saint-Denis et d’Aubervilliers, les personnages sont incarnés par des habitants et des athlètes olympiques et paralympiques, parmi lesquels Paméra Losange (athlétisme), Yvan Wandji Kepmegni (cécifoot), Aladji Ba (sprint), Cédric Nankin (rugby fauteuil), Mamady Traoré (basket fauteuil) ou encore Alex Adélaïde (para-athlétisme). [...]

Revue Mondes & Migrations Champs libres : initiatives

Le sport populaire en banlieue parisienne s’expose à Montreuil

À l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, le musée de l’Histoire vivante de Montreuil porte son regard sur le sport, ses pratiques populaires et les athlètes de banlieue parisienne dans le cadre d’une exposition temporaire inaugurée ce printemps. [...]

Revue Mondes & Migrations Champs libres : repérage

Sport et immigration dans Paris et ses banlieues

La pratique sportive immigrée en région parisienne se développe dès la fin du XIX e siècle avec la création des premières associations sportives fondées sur une communauté d’origine, en l’occurrence britannique. Durant l’entre-deux-guerres, les vagues migratoires suivantes mobiliseront le sport comme un levier de sociabilité et d’intégration. [...]

Revue Mondes & Migrations Au musée : littérature

Les Prix de la Porte Dorée 2024

Parce qu’ils permettent d’incarner et de transmettre l’expérience migratoire, l’altérité, les complexités qui en résultent comme les richesses qu’elles apportent, le roman, le récit ou la bande dessinée sont autant d’approches sensibles du réel. Avec désormais deux prix, l’un pour la littérature l’autre pour la bande dessinée, le Palais de la Porte Dorée fait le choix de soutenir les écritures fortes, engagées et vivantes qui participent à « faire évoluer les regards et les mentalités ». Sept romans et autant de bandes dessinées seront cette année soumis à la sagacité des jurys, présidés par Sabyl Ghoussoub, auteur de Beyrouth-sur-Seine (Stock, 2022) Prix Goncourt des lycéens 2023, et Marguerite Abouet, scénariste des séries Akissi et Aya de Yopougon .

Revue Mondes & Migrations Au musée : images

La Conserverie collecte des photos de famille

Créé en 2011 à Metz, à l'initiative de l'association C'était où ? C'était quand ?, La Conserverie est un lieu d'archives dédié au dépôt et à la conservation d'albums de photographies de famille. [...]

Revue Mondes & Migrations Au musée : images

Photographies d’une famille russe en émigration : le Fonds Kousnetzoff

Acquis en 2019, le Fonds Kousnetzoff composé d’albums, de tirages, de négatifs, de cartes postales et d’archives documente le parcours migratoire d’une famille russe entre 1920 et 1950. Récit d’un exil et de l’installation en France d’une famille ordinaire plongée dans les tumultes de la première moitié du XX e siècle, ce fonds livre également une histoire incarnée de la pratique amateure du médium photographique. [...]