Sélectionné à la Quinzaine des cinéastes de Cannes 2023, Déserts de Faouzi Bensaïdi se présente comme une sorte de western dans lequel deux pieds nickelés, Mehdi et Hamid, arpentent le grand Sud marocain pour le compte d’une agence de recouvrement auprès de laquelle des familles de paysans surendettés ont souscrit des crédits qu’ils n’ont pas les moyens de rembourser. [...]
Abdellah de son vrai prénom, rebaptisé « Abdelinho » vu son admiration pour tout ce qui est brésilien, vit dans une petite ville au Maroc. Coincé entre une mère hystérique qui veut le marier à tout prix et son travail kafkaïen dans une administration sinistre où il oblitère des timbres, ce doux rêveur mène une vie insouciante dans sa bulle brésilienne. Ainsi, il nourrit un amour sans bornes pour Maria, une vedette de telenovela . Mais sa passion platonique est vite menacée par une arrivée qui va bouleverser sa vie. C’est celle de Amr Taleb (très bon Ali Suliman), un télévangéliste musulman, star du petit écran, à l’image des Américains qui remplissent des stades entiers tout en critiquant l’impérialisme de leur pays. [...]
Percussionniste de tradition persane, Keyvan Chemirani n’a pourtant jamais expérimenté cet héritage paternel dans son écho-système d’origine. Il retrace son parcours atypique de musicien et de compositeur français, soulevant les questions de légitimité qui ont freiné ses premiers pas. Il rend aussi hommage au formidable esprit d’ouverture que son père et maître, Djamchid Chemirani, a su lui insuffler. Son récit dessine une autre forme de développement artistique, prenant sa source dans une tradition multiséculaire, mais construisant une carrière en dehors des normes et menant à des processus de création inusités.
Entre le 27 juin 2023, date de la mort de Nahel Merzouk, 17 ans, tué par un policier, et le 5 juillet, plus de 500 communes furent l’objet de plusieurs nuits d’émeutes, ou de ce qui est qualifié comme tel. Selon la fédération France Assureurs, la facture des dégradations s’élevait (début juillet) à 650 millions d’euros (RFI, 11 juillet).
Cette seconde série de notices biographiques proposée dans le cadre du projet de recherche CAUSIMMI porte sur les mobilisations asiatiques dans la cause immigrée. Derrière l’expression « mobilisations (d’)asiatiques » se cachent à la fois des personnes aux origines variées (notamment vietnamiennes, cambodgiennes et chinoises), mais également de milieux sociaux et de générations différents, employant des modes d’action pluriels. Cette série d’articles est également révélatrice des circulations relativement courantes entre les sphères académiques et militantes, comme en témoigne ici la place de Liêm-Khê Luguern, à la fois militante et chercheuse, membre du conseil scientifique de l’exposition Immigrations est et sud-est asiatiques depuis 1860 , programmée au Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris jusqu’au 18 février 2024, et de l’équipe CAUSIMMI.
L’implantation des restaurants chinois à Paris date du début du XX e siècle et permet d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire du commerce ethnique en France. Les entrepreneurs chinois et leurs partenaires européens emploient les codes de l’exotisme à des fins commerciales pour séduire une clientèle internationale amatrice d’expériences culinaires inédites. Ce faisant, ils contribuent à définir une image stéréotypée du restaurant « chinois » que les migrations asiatiques postérieures vont réemployer dans le pays.
Le Palais de la Porte Dorée a appris avec une immense tristesse la disparition, le 23 novembre 2023, de Mouloud Mimoun, pilier de l’émission Mosaïque à laquelle il apporta son expertise et son amour du cinéma pendant 10 ans, et chroniqueur de la revue Hommes & Migrations qui publie dans ce numéro ses dernières chroniques.
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Revue Mondes & MigrationsAu musée : les débats du musée
Virus chinois, péril jaune... les Chinois ont été les premiers montrés du doigt comme responsables de la transmission du Covid-19. En plus des origines migratoires supposées, d’autres préjugés compliquent la lutte collective contre la maladie en stigmatisant les habitants des quartiers populaires. Cette posture consistant à accuser de tous les maux un autre que l’on se choisit est-elle une constante dans l’histoire ? Que dit cette pandémie sur les discriminations dans la société française ?