Un principe généreux à l’application circonstanciée Si les politiques d’accueil mises en place au cours de la décennie 2010-2020 incluent les droits culturels des migrants, l’étude de projets artistiques à destination d’exilés révèle des biais dans la mobilisation des publics visés.
Entretien avec Polina Panassenko, lauréate 2023 du Prix littéraire de la Porte Dorée, réalisé par Stéphanie Bartolo, responsable des événements littérature et cinéma, Musée national de l’histoire de l’immigration. Le Prix littéraire de la Porte Dorée a été décerné cette année à Polina Panassenko pour Tenir sa langue , publié aux éditions de l’Olivier en 2022. Un premier roman drôle et frondeur qui dit toute la complexité d’une enfance prise entre deux pays, deux langues, deux prénoms. Pour le jury, présidé cette année par Mohamed Mbougar Sarr, « l’autrice signe le récit léger et grave, absurde et tendre, d’une lutte intime pour garder ce qui menace de se perdre dans l’expérience d’un déplacement – une langue, une histoire, un héritage ou même un prénom. Tenir, retenir, appartenir : entre deux pays, Polina Panassenko interroge ces trois verbes de l’exil, auxquels elle ajoute un quatrième : aimer, aussi bien la Datcha que Saint-Étienne, sans devoir se renier ».
En 2023, la résidence de réalisation « Frontières/Horizon(s) », créée avec le Groupe de recherches et d’essais cinématographiques (Grec), célèbre ses 10 ans d’existence. Conçue pour soutenir la réalisation d’un premier ou d’un deuxième court-métrage sur la thématique de l’immigration en s’appuyant sur les ressources du Musée national de l’histoire de l’immigration, cette résidence a permis, depuis 2014, la réalisation et la production de 10 films.
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Revue Mondes & MigrationsAu musée : les débats du musée
Retranscription des échanges de la table ronde par Lina Louber et synthèse par Nicolas Treiber. Les associations ont de plus en plus souvent recours au monde artistique pour relayer et porter leurs sujets, leurs actions et leurs combats dans le champ des migrations et de l’immigration. La rencontre organisée au Musée national de l’histoire de l’immigration en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD), dans le cadre de la Journée internationale des migrants en décembre 2022, interroge la façon dont la sphère artistique peut compléter, prolonger, relayer et favoriser l’action indispensable des associations.
Résidence In Situ, Collège Nelson Mandela au Blanc-Mesnil (93) Dans le cadre des résidences d’artistes en établissement scolaire portées par le département de la pédagogie du Musée national de l’histoire de l’immigration (MNHI), le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a financé sur l’année scolaire 2022-2023 une résidence artistique In Situ, réalisée par l’artiste photographe Maya-Inès Touam au collège Nelson Mandela situé dans la ville du Blanc-Mesnil (93). Cette politique de résidence permet de rendre accessible au jeune public le nouveau parcours permanent du MNHI à travers une approche sensible construite sur les trois piliers de l’éducation artistique et culturelle : la rencontre, l’acquisition de connaissances et la pratique artistique.
Faire collection, faire récit, faire commun avec les images Venir de l’université, ou même du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), dans un musée pour y faire de la recherche sur le long terme n’est pas un transfert évident. Une résidence de recherche n’est pas une résidence d’écrivain, d’artiste, ni de cinéaste. Elle mobilise des compétences et des intérêts communs, et dans le cas du Musée national de l’histoire de l’immigration, une interrogation convergente autour de la migration et sur le rôle du musée, les formes et expressions mises en avant au sein de son enveloppe coloniale. Pilotée par Marianne Amar, la résidence au sein du Musée répondait à l’un des axes de recherche du département de la recherche dans son appel à projet, à savoir « Récits et archives de soi ». Cette dimension entrait directement en résonance avec mes recherches en littérature et photographie, orientées depuis 2017 sur les récits de la colonie, de la postcolonie et de la diaspora chez les artistes contemporains et autres poètes médiatiques, autrement dit rappeur·ses et performeur·ses de la littérature.
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Entretien avec Silina Syan, artiste plasticienne transdisciplinaire, réalisé par Sophie Orlando, théoricienne de l’art, professeure à la Villa Arson Née en 1996 à Clamart, Silina Syan est une plasticienne transdisciplinaire. Diplômée de l’École nationale supérieure d’art, la Villa Arson, elle co-dirige le média Echo Banlieues , et y intervient également en tant que photographe. Les identités postcoloniales, les doubles ou les triples cultures, les histoires d’enfants d’immigré·e·s en France font partie de ses sujets de prédilection. En 2021, elle est en résidence à Triangle-Astérides (Marseille), et présente son travail aux Magasins Généraux lors du festival Les Chichas de la Pensée, à la galerie art-cade* (Marseille), au centre d’art de la Villa Arson (Nice) et aux Ateliers Médicis lors de la Nuit Blanche. En 2022, son travail est exposé à la galerie Éric Mouchet (Paris), à Poush Manifesto (Clichy), ainsi qu’à La Villette (Paris) dans 100 % l’expo et au 109 (Nice) à l’occasion du festival Image Satellite. En 2023, elle présente un projet avec le collectif B93 au Sample Bagnolet, soutenu par Mondes Nouveaux. Depuis 2021, elle est en résidence aux Ateliers Médicis (Montfermeil), où elle travaille sur un projet soutenu par Mondes Nouveaux et l’université Côte d’Azur.
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Revue Mondes & MigrationsArticle de dossier/point sur
Entretien avec Teresa Maffeis, cofondatrice de l’Association pour la démocratie à Nice (ADN), réalisé par Nick Aikens, conservateur au musée Van Abbemuseum, Eindhoven (Pays-Bas). L’entretien suivant avec feu Teresa Maffeis a eu lieu à Nice en octobre 2021. Je l’ai rencontrée en juillet 2021, vers la fin d’une visite de recherche de trois mois au sein de l’université Côte d’Azur, dans le cadre du Programme de pratiques de recherche avancées. Mon projet consistait en une exposition-recherche intitulée « Rewinding Internationalism », réalisée en trois expositions à Netwerk Aalst, en Belgique (février-mai 2022), au Van Abbemusuem, aux Pays-Bas (novembre 2022-avril 2023), où je travaille comme conservateur, et à la Villa Arson à Nice (juin-août 2023).