Rencontre littéraire
Ce que l'exil fait aux âmes et aux corps
Dimanche 27 septembre 2026 à 16h

Découvrez les univers littéraires et graphiques qui marquent 2026. Cette rencontre réunit des auteurs de la sélection des Prix de la Porte Dorée, des révélations de l'année et des voix marquantes de la rentrée pour explorer, à travers la littérature et le roman graphique, les expériences intimes et universelles de l'exil.

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Lucile Casanova © Palais de la Porte Dorée

Mise en mouvement et en danger d’existences fragilisées, l’exil est une expérience physique autant que psychologique. Des romans puissants parus cette année en attestent et impressionnent par ce mélange de radicalité, de singularité et d’empathie qui font les meilleurs livres. 

Révélation de la rentrée, Thélyson Orélien nous a époustouflés avec son premier roman, C’était ça ou mourir (Grasset) trajectoire d’Haïti au Canada d’un jeune professeur de Port-au-Prince traversant les cercles de l’enfer sans se départir de son sac Carrefour, qui renferme sa dignité et son envie de faire corps avec tous les exilés de la Terre. 

Lauréate du prix de la Porte Dorée 2023 avec son premier roman Tenir sa langue, Polina Panassenko publie A voixhaute. Le voyage au bout de la mémoire d’une jeune femme ayant grandi en France qui retourne en Russie pour devenir actrice mais se retrouve à mener l’enquête sur les silences de son grand-père. 

Couverture des livres

Après Espèces dangereuses, Sergueï Shikalov continue de creuser une forme fragmentaire, à la fois douce et piquante, pour dire l’étrangeté d’être russe aujourd’hui. Avec Grenouille (Seuil) il nous plonge dans la conscience d’une actrice russe ayant fui son pays au moment de l’invasion de l’Ukraine et qui s’apprête à tout perdre. 

Dans Ici commence la terre, Jadd Hilal sonde également l’âme d’une femme, arrachée à sa Palestine natale en 1948, et dont le cœur se durcit au fil des exils vers Beyrouth, puis vers la France. 

Enfin, le roman graphique Newroz d’Anaële Hermans et Manal Halil, illustrée par Delphine Hermans, relate le retour au Kurdistan de Rojda avec sa fille, après dix années d’absence. Un voyage où se mêle inquiétude face à la situation politique et désir profond de transmettre ses souvenirs d’enfance, l’histoire et la culture kurdes, ainsi que l’engagement des combattantes kurdes contre DAESH. 

Avec : Manal Halil, Jadd Hilal, Thélyson Orélien, Polina Panassenko, Sergueï Shikalov et Delphine Hermans (dédicace).
Modération : Sonia Déchamps

Thélyson Orélien

Portrait de Thélyson Orélien

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Thélyson Orélien

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© JF PAGA

Né en 1988, Thélyson Orélien est un auteur québécois d’origine haïtienne. Poète et critique, il construit une œuvre habitée par la mémoire, l’exil et la question de l’appartenance. Depuis sa publication au Québec par les Éditions du Boréal, C’était ça ou mourir rencontre un écho international exceptionnel et est en cours de traduction dans plus de vingt langues. Un premier roman phénomène qui révèle une grande voix de la littérature contemporaine.

Manal Halil

Manal Halil est une autrice belge d'origine kurde syrienne. Après avoir exercé comme journaliste et traductrice, elle travaille aujourd'hui comme formatrice au sein d'un bureau d'accueil à Bruxelles, où elle accompagne les parcours d'intégration des personnes migrantes et œuvre en faveur du vivre-ensemble. Après HAYAT, Newroz marque sa deuxième incursion dans l'univers de la bande dessinée.

Polina Panassenko

Portrait de Polina Panassenko

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Polina Panassenko

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© Patrice Normand

Née à Moscou, Polina Panassenko est auteure, traductrice et comédienne. En 2015, elle a publié Polina Grigorievna, une enquête illustrée parue aux éditions Objet Livre. Son premier roman, Tenir sa langue (L'Olivier, 2022) a remporté le prix Femina des lycéens et rencontré un grand succès critique et public. Elle a été résidente de la Villa Albertine à New York, en 2025.

Delphine Hermans

Delphine Hermans est autrice de bande dessinée et illustratrice. Elle a dessiné huit romans graphiques publiés aux éditions La Boîte à Bulles et Warum, développant un travail sensible nourri par le récit documentaire et les parcours de vie. Parallèlement, diplômée de La Cambre à Bruxelles, où elle a étudié le cinéma d'animation, elle développe également une œuvre de réalisatrice de films d’animation.

Jadd Hilal

Portrait de Jadd Hilal

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Jadd Hilal

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© Didier Guédon

Jadd Hilal, né en 1987, est un auteur franco-palestino-libanais. Il enseigne les lettres et la philosophie et réside en région parisienne. Aux éditions Elyzad sont parus ses trois romans : Des ailes au loin (Elyzad poche, 2021), Grand Prix du Roman métis et Prix du Roman métis des lycéens, Prix de la Première œuvre littéraire francophone, Une baignoire dans le désert (2020) récompensé par le Prix littéraire des lycéens et apprentis d’Île-de-France et Le Caprice de vivre (2023).

Sergueï Shikalov

Portrait de Sergueï Shikalov

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Sergueï Shikalov

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© Bénédicte Roscot

Sergueï Shikalov est né à Moscou dans une famille russo-biélorusse et s'installe en France en 2016. 

Son premier roman, Espèces dangereuses, finaliste du Goncourt du Premier roman remporte le prix André-Malraux dans la catégorie « Fiction engagée » et le Grand Prix du Roman Gay 2024.

Sonia Déchamps

Sonia Déchamps est journaliste, autrice, éditrice et animatrice de rencontres littéraires. Après six ans à Europe 1 puis un passage à Mouv’, elle s’est spécialisée dans le journalisme culturel et la bande dessinée, collaborant notamment avec France Culture, Polar+, Le Monde des ados et Les Cahiers de la BD. Elle a codirigé artistiquement le Festival d’Angoulême (2020-2023) et a créé la collection Virages graphiques (Rivages).