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Que faut-il entendre par intégration ?

L’intégration se rattache à l’idée d’un tout (être entier, intégral d’où la notion d’intégrité) à quoi viennent s’agréger plusieurs processus : l’adjonction d’éléments extérieurs (intégration des parties au tout) ; l’harmonisation, la coordination de ces parties au service d’un tout cohérent et efficient mais aussi des processus de développement (concentration verticale ou horizontale en économie de l’entreprise, intégration européenne), de renouveau, de réparation...

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Quelles empreintes l’immigration laisse-t-elle dans la chanson ?

Selon l’expression de l’historien Yves Borowice, la chanson française, est d’abord un "art de métèques". Et ce depuis les origines. Les plus grandes voix de la chanson française sont, de génération en génération, celles d’hommes et de femmes venus d’ailleurs, directement ou par les mystères des bifurcations existentielles et amoureuses. Ainsi Amiati (née à Turin en Italie) sera une des figures de la chanson patriotique et revancharde d’après la défaite de 1871. En 1931 Joséphine Baker, aujourd’hui panthéonisée, chante  J’ai deux amours  et en 1936, Edith Piaf enregistre son premier disque. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale les Francis Lemarque et Dario Moreno sont rejoints par une pléiade d’artistes devenus depuis les symboles de la chanson française et tous d’origine immigrée : Reggiani, Brassens, Brel, Léo Ferré, Yves Montand, Mouloudji, Jean Ferrat, Aznavour, Moustaki, Barbara, Georges Guétary, Luis Mariano… Quelques années plus tard, les Serge Gainsbourg, Nougaro, Sylvie Vartan, Dalida, Michel Polnareff, Alain Bashung ou Louis Chédid prendront la relève. Aujourd’hui les générations se renouvellent mais l’immigration ou une parfois lointaine origine, continue de dynamiser sur la chanson française. Une dynamique entretenue par des artistes qui se nomment M, Juliette, Zebda, Bénabar, Keny Arkana, Cali, Ridan, Sanseverino, HK… et depuis aussi, dans des genres, des styles et des bonheurs divers, par Sopico, Yseult, Soprano, Amel Bent, Leïla Huissoud, Clara Luciani, Nekfeu, Claudio Capéo, Karimouche, Indila, Sheryfa Luna, Anggun, etc. Sans oublier que nombre de chansons, devenues des succès à la renommée parfois internationale, ont été composées par des compositeurs aussi venus d’ailleurs à l’instar d’un Vincent Scotto ou d’un Norbert Glansberg.  

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Quelles empreintes l’immigration laisse-t-elle dans les cuisines ?

En matière de goût aussi, les Français se nourrissent de l’ailleurs, élargissent la palette des saveurs, découvrent, réinventent aussi, des préparations débarquées en France souvent dans les valises des migrants. Depuis des années les sondages se suivent et se ressemblent : les plats d’origine étrangère font toujours bonne figure parmi les vingt plats préférés des Français, le couscous berbère et les moules frites belges y voisinent avec les spaghettis à la bolognaise et la pizza italienne.

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Quand la langue française en voit de toutes les couleurs

Selon Henriette Walter, sur 35 000 mots usuels de la langue française, 4 192 sont d’origine étrangère : 25 % viendraient de l’anglais, 16 % de l’italien, 13 % du germanique et, juste après, de l’arabe (entre 250 et 270 mots soit 6,5 %). Si, comme le fait Salah Guemriche dans son Dictionnaire des mots français d’origine arabe (Seuil 2007), on y ajoute les quelque 150 mots d’origine turque ou persane, passés au français via la langue d’Al Mutanabi, alors avec les 391 mots recensés le pourcentage s’élève à 10 % abstraction faite des mots d’origine également arabe qui désignent les étoiles. Ainsi nos ancêtres ont beau être les Gaulois, sur le seul plan linguistique, les Sarrasins, Maures, Barbaresques et autres Mahométans ont peut-être davantage irrigué la langue nationale que les cousins, petits cousins et autres descendants de Vercingétorix… N’y aurait-il pas un sens à tout cela ? Le sens qu’une société, tiraillée entre la tentation du repli sur soi et le désir d’ouverture à de nouveaux imaginaires, veut donner à son avenir. En ces temps où les identités sont « essentialisées », où la peur du grand remplacement est agitée, Henriette Walter, Salah Guemriche, Heinz Wismann ou Michael Edwards rappellent que le mouvement, les échanges, les compositions et les recompositions sont au cœur de toutes créations humaines. Ainsi les langues pures n’existent pas (pas davantage la langue française que la langue arabe, par ailleurs sacralisée…). Comme les cultures ou les identités. Toutes se valent dès lors qu’elles reconnaissent ce qu’elles doivent aux autres, à quel titre elles s’inscrivent dans l’histoire de l’humanité et qu’elles ne sont pas, une fois pour toutes, figées dans le marbre froid d’une histoire fantasmée.  

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