En France, la politique des quotas visait à limiter l’immigration, en fonction de la nationalité ou de la qualification, pour favoriser l’emploi des nationaux. Elle a été appliquée dans les années trente (loi du 10 août 1932 qui accordait la priorité au travail des citoyens français dans l’industrie), mais n’a pas été retenue dans les Ordonnances de 1945 qui ont fixé le cadre juridique des politiques d’accueil et de séjour des étrangers.
En théorie, la diversité, terme apparu dans le débat public au milieu des années 90, est sensée dresser le constat que les Français sont variés et bigarrés : diversité des origines géographiques, des couleurs de peau, des genres, des accents, des croyances, comme des langues parlées ou des cuisines. La diversité tendrait à faire de la nation française un kaléidoscope d’identités composites et mêlées. Avec à la clef la crainte pour les uns d’une communautarisation du pays et pour les autres sa réduction à un identitarisme fermé et figé.
Globalement, les immigrés se regroupent là où ils trouvent un emploi et à se loger. Pour autant, l’étude de la localisation des immigrés recoupe aussi des questions relevant de l’aménagement du territoire, des politiques de la ville, des choix d’urbanisme, de l’application (ou non) de la loi SRU (loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbain) et de l’action des élus locaux pour (ré)introduire de la mixité sociale mais aussi de logiques propres à chaque flux migratoires.
En matière de couples ou de mariages mixtes, la statistique retient pour définition l’union de deux personnes de nationalités différentes, plutôt que le critère du pays de naissance. En France, un mariage mixte correspond au mariage d’une personne de nationalité française avec une personne de nationalité étrangère.
En 2020, la justice a prononcé 469 571 condamnations pour crimes et délits et contraventions de 5e classe dont 82 135 concernaient des étrangers (16%). 186 443 sanctionnaient des infractions à la circulation routière (conduite en état alcoolique ou sans permis), 87 108 pour atteintes aux biens (vols, recels…), 86 808 pour atteintes à la personne, 54 099 pour infractions à la législation sur les stupéfiants et 1 546, le séjour irrégulier des étrangers. Au 1er janvier 2020, 82 260 personnes étaient écrouées dont 65 339 Français et 17 521 étrangers (21,2%)
En France , les principaux établissements producteurs de statistiques en matière d’immigration sont : L’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) fournit chaque année des chiffres sur les flux d’entrée des étrangers à partir de la visite médicale obligatoire que doit faire chaque migrant admis à séjourner en France plus de trois mois ; L’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) publie un rapport annuel recensant le nombre de demandes d’asile et d’octrois du statut de réfugié ; CNDA, Cours national du droit d’asile, juridiction administrative spécialisée qui examine les recours formés contre les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en matière de demande d’asile ; L’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) établie le nombre de la population étrangère à partir des données du recensement de la population. Depuis 2004 l’INSEE ne procède plus à un recensement général de la population mais à des recensements annuels par échantillons pour les communes de plus de 10 000 habitants ce qui se traduirait par "une approche parcellaire et fragmentée de l'immigration" (HCI) ; L'INED (Institut national des études démographiques) établie chaque année une totalisation du nombre d'entrées en France à partir des informations du fichier central des titres de séjour ; Plusieurs ministères fournissent des données en matière d’immigration à commencer par le ministère de l’Intérieur, de la Justice et celui de l’Education nationale ; Le Défenseur des droits, via notamment la publication régulière de rapports thématiques (discriminations, mineurs non accompagnés, les naturalisations, l’accès au droit…). Au niveau international : L’ONU, via de nombreux organismes dont l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ou l’UNICEF fournissent des données sur différents aspects liés à la migration ; L'OCDE, Organisation de coopération et de développement économiques ; La Banque mondiale. Au niveau européen : Eurostat ; Plusieurs agences de l’UE, dont Frontex ou Europol ; Le KCMD, Centre de connaissances en matière de migration et de démographie (Knowledge Centre on Migration and Demography). De nombreuses associations de terrain fournissent de précieuses informations, citons : l’ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers », le CCFD-Terre Solidaire, Le Centre Primo Levi (qui vient en aide aux victimes de tortures et de violences politiques), le Comède (pour la santé des exilés), la Fasti, le Gisti, Migreeurop, la Cimade ou encore la LDH (Ligue des droits de l’homme), l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) … De même, l’Institut Convergences Migrations, dont l’objectif majeur est le dialogue science-société à travers l’éclairage critique de l’actualité (revue en ligne De facto ) et un partenariat diversifié avec les acteurs locaux (élus, associations, enseignants, personnel médical et social).
Le nombre de migrants dans le monde est passé de 77 millions en 1965 à 281 millions en 2020 soit 3,6 % de la population mondiale. Statistiquement, le terrien préfère ses pantoufles ou ses babouches aux incertitudes de l’errance. En 2017, les migrants du Sud posaient leurs valises plus souvent dans un pays du Sud (97 millions) que dans un pays du Nord (89 millions). La différence entre les deux hémisphères tient aux migrations Nord/Nord (57 millions) quand les migrations Nord/Sud s’élèvent à 14 millions.